Jean 11:5-6, 20-23, 32

« Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare. Lors donc qu'il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était... Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera... Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort… »

43 – SI TU EUSSES ÉTÉ ICI …

  Dans combien de circonstances tragiques, d’événements inattendus, n’avons-nous pas pensé, dit, ou même prié : « Seigneur, si tu avais été ici… », telle chose ne serait pas arrivée ou, au contraire, telle chose aurait pu se produire. Cependant, combien de fois Jésus a permis à telle ou telle chose d’aboutir, de ne pas tomber dans l’irréparable, des situations que nous avons pu supporter, où que nous supportons encore avec sa force, sans avoir eu besoin de dire : « Seigneur, si tu avais été ici… ! ». Car voici, Il l’était justement, mais cela nous paraissait tellement « normal » que tout aille bien, que nous n’avons même pas aperçu le Miracle de Sa Présence, de Sa Protection, ou de Son Intervention.

  En dehors de ceux dont l’incrédulité ou la désobéissance tiennent Jésus à l’écart, il se trouve que ceux qui sont fidèles peuvent aussi, mais pour une toute autre raison, éprouver cet éloignement entre eux-mêmes et Jésus. Au milieu de circonstances difficiles ou douloureuses, il arrive que nous ressentions, parfois, comme une absence de signes ou de réponses d’en-haut. Il y a là un dessein et un but précis de la part du Seigneur, inconnus de nous, mais connus de Lui, car le temps qui s’écoule entre ce qui réclame Son intervention, et le moment où Il intervient est voulu de Lui, de là notre confiance et notre consolation. Même si nous ne voyons pas encore l’Intervention de Jésus, Lui nous voit, étant toujours dans Sa Pensée et dans Son intercession pour nous. Aimer Jésus, et surtout être aimés de Lui, ne nous empêche pas de connaître ce qui est commun à tous les mortels. Si l’on devait échapper à tout ce qui est douloureux ou inéluctable dans la vie en venant à Dieu, il serait aisé et même « intéressant » de croire en Lui. Le monde accourait à Dieu et l’on ne saurait plus qui est régénéré, et qui ne l’est pas. Aucune victoire contre la tentation, et dans l’épreuve, ne pourrait démontrer notre nouvelle naissance, notre appartenance à un autre Esprit, et à un autre Royaume qu’à celui de ce monde.

  Etonnante est la réponse de Jésus adressée à ceux qui lui font part de la maladie de Lazare, Son ami. « … Lazare est mort, leur dit-il ouvertement. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n’étais pas là… » Jean 11:14-15. Situation frappante, Jésus se réjouit, tandis que Marthe et Marie, qui L’attendent, pleurent la mort de leur frère… ! Il est des situations où nous pleurons, alors que Dieu se réjouit. Jésus est le Modèle de l’Homme spirituel, c’est ce qu’Il est en nous et que nous sommes appelés à être en Lui. II nous enseigne que, humainement, nous pleurons de choses dont, spirituellement, nous devrions, ou pourrions comme Lui nous réjouir. Car il y a en toutes choses un sens et un but cachés, glorieux et éternels qui sont révélés à nos cœurs, et nourrissent notre foi et notre espérance !

  « Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. Et il dit : Où l’avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. Et Jésus pleura… » Jean 11:33-35. Quand, dans de telles circonstances, Jésus se réjouit, voilà Dieu ; et quand en d’autres circonstances, Il pleure, voilà l’Homme. Ces deux Réalités complémentaires de Sa Personne témoignent de son Incarnation parfaite. En Jésus, et par Lui, il y a une multiplicité de sens en toutes choses. Il y a ce qui est, et ce qui se tient au-delà, il y a des choses sur lesquelles nos regards et notre compréhension s’arrêtent, mais que les yeux de la foi, par l’Esprit, traversent. Nous sommes destinés à souffrir, mais, en même temps, à être au-dessus de ce que nous souffrons.

  N’est-il pas écrit en ce qui nous concerne : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ;  pleurez avec ceux qui pleurent… » Rom 12:15. Ceux qui murmurent ne se réjouissent jamais, et c’est un péché, mais ça l’est aussi pour ceux qui, par propre assurance ou par indifférence, ne pleurent pas, ne compatissent pas avec celui qui est dans la peine ou dans l’épreuve. Notre Seigneur renferme en Lui-même toutes nos émotions. En compatissant à nos pleurs, Il les apaise, et en sanctifiant l’objet de nos joies, Il les multiplie. Plus nous entrons dans la Parole et dans la Vie de l’Esprit, et plus notre vie spirituelle devient, paradoxalement, plus sensible et plus forte. Plus l’on devient, en effet, spirituel, plus fortes sont les peines et les luttes, mais aussi plus grandes sont les consolations et les délivrances ; et c’est là le seul chemin pour être « accomplis » en Dieu. Le Seigneur fait que notre force grandit d’autant plus que se prolonge le temps de l’épreuve elle-même. D’ailleurs, le temps d’attente permet de discerner l’âme qui se lasse, et celle qui s’attend résolument à Lui. 

  Dieu est, à la fois, dans le temps et hors du temps. Il est éternel, et chaque instant de notre vie est devant Lui. La nourriture et le vêtement sont choses vitales, mais il est beaucoup d’autres choses que nous voudrions tout de suite, et pour lesquelles cependant Dieu attend. Cette attente est destinée à nous apprendre à ne pas demander les choses spirituelles de la même manière que nous demandons les choses matérielles ; c’est-à-dire que Jésus, connaît nos besoins terrestres, puisque les païens eux-mêmes, dit-Il, cherchent à les satisfaire : Matt 6:31-32. S’agissant des choses qui regardent l’éternité, le Seigneur sait mieux que nous-mêmes quand et comment intervenir. Dieu connaît nos besoins spirituels mieux que nous-mêmes ; et Il suscite d’abord la faim et la soif spirituelles dans le cœur de ceux qui aspirent à se dépouiller d’eux-mêmes à la Lumière de la Parole, pour être affranchis, bénis et enrichis en Lui. C’est l’Esprit-Saint qui révèle à notre esprit et à notre cœur ce dont nous avons besoin. Et il y a tant de choses à connaître et à recevoir, ainsi que le dit l’Ecriture, que « l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit Lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et Celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints… » Rom 8:26-27.

  De même que Lazare ressuscita du tombeau, il y a en nous, par l’Esprit de la résurrection de Jésus, toutes sortes de résurrections spirituelles. En attendant le jour de la résurrection lors de la venue du Seigneur, il y a le relèvement intérieur de toutes espèces de mort, dues à nos faiblesses, à nos manquements, à nos erreurs. Mais d’où qu’elle vienne, la parole de foi nous encourage, comme le fit Marthe elle-même, venant secrètement dire à Marie : « … Le Maître est ici, et Il te demande… » Jean 11:28, et peu après arriva la résurrection de leur frère. « Il te demande… », cette parole de Marthe est une parole de promesse, une parole de l’Esprit venue jusqu’à nous. En bien des choses, nous avons demandé au Seigneur de venir, d’agir, nous L’avons attendu, et, peut-être même qu’au moment où nous ne L’attendions plus, Il est venu, Il était là. Et alors ce n’est plus nous, mais Jésus Lui-même qui nous demande… pour être le témoin, le sujet même d’une résurrection spirituelle des liens du « tombeau » de notre « moi », pour nous relever de nos craintes, et de nos pensées obscurcies à la Lumière de Dieu, là où Il paraît, et où tout s’éclaire.

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